Les Champignons du Bois
Comprendre, identifier et traiter les champignons lignivores : mérule, pourriture cubique et autres agents de dégradation fongique qui menacent vos structures en bois.
Comprendre les champignons lignivores
Les champignons lignivores constituent une pathologie majeure du bâti, directement liée aux désordres hygrométriques de l'ouvrage. Leurs attaques, extrêmement insidieuses, causent des ravages profonds dans les structures et les maçonneries.
Les conséquences physico-chimiques de leur action sur les bois d'œuvre ne se limitent pas aux dégâts directs : elles préparent également un terrain particulièrement favorable aux attaques d'insectes xylophages comme les termites et les vrillettes, en "pré-digérant" le matériau.
Une menace silencieuse
Le caractère cryptogamique (caché) de l'attaque rend les champignons particulièrement dangereux. Lorsque les signes deviennent visibles, les dégâts internes peuvent déjà être considérables. Seule une identification par un professionnel permet d'évaluer l'étendue réelle de l'infestation.
Les conditions favorables au développement
À la base de tout développement de champignon dans l'ouvrage, on trouve deux facteurs essentiels qui doivent être réunis :
💧 Présence d'humidité
Un taux anormal d'humidité est indispensable : vapeur d'eau dans les pièces mal ventilées, eau stagnante, condensation ou infiltrations.
🌡️ Température favorable
Une température ambiante supérieure à 10°C est le second facteur nécessaire au développement des champignons.
Les zones à risque dans votre bâtiment
- Caves et sous-sols mal ventilés
- Salles d'eau et cuisines
- Zones d'infiltration (toiture, façades, gouttières, chéneaux)
- Murs présentant des remontées capillaires
- Recoins derrière les revêtements imperméables
Les espèces de champignons fréquentes
La Mérule
Serpula lacrymansSurnommée le "Champignon des maisons", la mérule est le champignon lignivore le plus destructeur. Elle se développe grâce à ses rhizomorphes (cordonnets bruns ou gris) qui lui permettent de transporter l'eau jusqu'à des pièces de bois initialement sèches.
Son mycélium parcourt toute la masse du bois attaqué en perforant les parois des cellules. Aucune essence de bois des régions tempérées ne lui résiste.
La destruction s'effectue par hydrolyse enzymatique de la cellulose, réduisant le bois en une substance cassante : c'est la pourriture cubique.
Autres pourritures cubiques
Coniophora, Sporia sp.D'autres espèces provoquent des pourritures cubiques similaires. La Coniophora puteana (ou "champignon des caves") et diverses espèces de Sporia attaquent principalement les bois résineux.
Pourriture molle
Champignons ascomycètesDue aux champignons ascomycètes, la pourriture molle se rencontre sur les bois au contact quasi-permanent d'eau. Les bois attaqués prennent une teinte verte caractéristique et leur consistance devient molle.
L'identification professionnelle
L'identification est une affaire de spécialiste
Sans les connaissances appropriées, l'identification peut s'avérer fausse et engager un programme de réhabilitation fortement compromis quant à la pérennité de l'ouvrage.
La réhabilitation d'un bâtiment comportant des bois ouvrés doit intégrer une phase d'identification de l'état sanitaire des bois. Cette identification constitue une véritable enquête destinée à reconnaître l'agent destructeur, puis à le circonscrire ou l'éliminer.
Compétences requises
- Biologie des agents d'altération des bois, modes de vie et d'infestation
- Connaissance des essences de bois et de leur comportement face aux risques
- Interprétation des indices permettant de déceler une infestation souvent invisible
- Interactions entre insectes et champignons
- Causes et mécanismes de présence d'humidité dans les bâtiments
- Maîtrise des techniques du bâtiment
Choisir le bon professionnel
Le prescripteur doit porter la plus grande attention au choix de l'entreprise désignée pour établir l'identification et le cahier des préconisations. L'entreprise doit être spécialisée et adhérente à un syndicat professionnel comme le SNAPB, garant d'une déontologie et d'un savoir-faire reconnu.
Le traitement curatif des champignons
Le traitement curatif des champignons de bois d'œuvre comporte deux axes indissociables : la suppression des désordres liés à la présence d'eau dans l'ouvrage, et le traitement chimique fongicide.
Phase 1 : L'assainissement de l'ouvrage
Mise hors d'eau du bâtiment
Réparation des toitures, gouttières, façades et tout point d'entrée d'eau.
Suppression des causes d'humidité
Traitement des fuites, sources de condensation, humidité ascensionnelle.
Rétablissement de la ventilation
Assurer une circulation d'air adéquate dans toutes les parties de l'ouvrage.
Phase 2 : Le traitement fongicide
1. Préparation du chantier
Circonscrire précisément la zone à traiter. Tous les éléments en bois attaqués doivent être déposés.
2. Traitement des maçonneries
Grattage et brossage soigneux, stérilisation thermique ou chimique, puis injection d'un fongicide en profondeur.
3. Traitement des bois
Injection sous pression de produit fongicide sur toute la longueur des bois contaminés.
Un traitement qui exige savoir-faire et déontologie
Le traitement fongicide nécessite mais pas toujours suffisant seul. Un plan d'actions de restauration de l'état sanitaire du bâtiment doit être conduit parallèlement. Faites appel à une entreprise adhérente au SNAPB.
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